Le modèle de gouvernance pour une association est un enjeu majeur. De nombreuses associations ont de plus en plus de mal à trouver des successeurs à la présidence. Cela s’explique par différents facteurs :
– Un modèle d’organisation qui n’attire plus
– De nouvelles attentes chez les bénévoles
– Un manque de repreneurs chez les retraités
Il est donc nécessaire de revoir son modèle associatif pour permettre une gouvernance plus fluide et durable. Pour cela, différents modes de fonctionnement sont possibles :
– La gouvernance collégiale : un modèle participatif où tous les membres sont impliqués dans la prise de décision.
– La co-présidence : un modèle où la responsabilité est répartie entre plusieurs personnes.
– L’élection sans candidat : un modèle participatif où les membres proposent anonymement des candidats selon leurs qualités, révèlent les talents et encouragent l’engagement, puis accompagnent les élus dans leur prise de fonction.
Quel modèle de gouvernance pour mon association ? Cette question est au cœur des préoccupations des responsables associatifs, notamment lorsqu’il s’agit d’assurer la pérennité de leur structure. En effet, la question des dirigeants représente un enjeu majeur : de nombreuses associations redoutent de ne pas trouver de successeur à la présidence, certaines étant même menacées de disparition faute de relève.
Mais pourquoi certaines associations se retrouvent-elles dans cette impasse ? Pourquoi leur projet et leur avenir sont-ils compromis par l’absence de candidats à la gouvernance ?
Ces interrogations soulèvent des problématiques récurrentes : comment recruter de nouveaux dirigeants ? Que faire lorsque plus personne ne souhaite assumer des responsabilités ? Quel modèle de gouvernance permettrait d’assurer une transition fluide et durable ?
Nous vous répondons dans cet article rédigé suite à notre webinaire : « Les enjeux de gouvernance de votre asso » organisé par Infolocale et présenté par Amélie Arcile de Benevolt.
Il abordera, dans un premier temps, la notion de crise de renouvellement en association. Puis, dans un second temps, les différents modèles de gouvernance en association pour faire face à cette crise.
Comprendre la crise du renouvellement
Pourquoi parle-t-on de crise ?
Tout d’abord, définissons ce qu’est la crise du renouvellement. Elle désigne une période critique où une association rencontre des difficultés à assurer la relève au sein de ses membres et en particulier au sein de son équipe dirigeante.
Dans ce contexte, le terme “crise” est employé, car cette situation peut mettre en péril le fonctionnement de l’association, voire sa pérennité dans certains cas. La notion de crise souligne également l’aspect urgent de la situation et la nécessité d’agir rapidement pour l’association.
Plusieurs conséquences peuvent découler de cette crise : menace d’extinction, déséquilibre organisationnel, rupture d’évolution, etc.
Pourquoi les associations peinent-elles à se renouveler ?
Comprendre les raisons de cette crise est essentiel pour mieux l’affronter et trouver des solutions adaptées. Plusieurs facteurs expliquent pourquoi le renouvellement des bénévoles et des dirigeants devient un défi majeur pour les associations.
1. Un modèle d’organisation qui n’attire plus
Beaucoup d’associations fonctionnent encore sur un modèle hiérarchique inspiré du monde de l’entreprise d’autrefois : un président, un vice-président, un trésorier, un secrétaire… Ces structures rigides, dictées par des statuts rarement remis en question, ne correspondent plus aux attentes des nouvelles générations. Résultat : peu d’espace pour l’innovation et des difficultés à s’adapter aux évolutions de la société.
2. De nouvelles attentes chez les bénévoles
Aujourd’hui, l’équilibre entre vie professionnelle et personnelle est une priorité. Les jeunes générations recherchent du sens dans leurs engagements et veulent participer à des projets qui leur parlent vraiment. Une association qui fonctionne « comme elle l’a toujours fait », sans repenser son rôle et sa mission, a donc plus de mal à attirer et à fidéliser des bénévoles.
3. Un manque de repreneurs chez les retraités
Autrefois, les jeunes retraités étaient un noyau essentiel pour assurer la continuité des associations. Aujourd’hui, ils privilégient des engagements ponctuels plutôt que des responsabilités lourdes et chronophages. Pendant ce temps, les dirigeants en place, après 15 à 20 ans d’investissement, souhaitent passer le relais… mais ne trouvent pas de successeurs prêts à reprendre une organisation figée.
Passer le relais en association : un défi à relever
Être président, c’est souvent plus qu’un simple engagement : c’est une mission qui structure le quotidien et donne du sens, notamment après la retraite. Mais quand vient le moment de transmettre le flambeau, il peut être difficile de lâcher prise, par crainte de perdre son rôle ou de voir l’association évoluer autrement.
Alors, comment faciliter cette transition ?
- Le tutorat : accompagner le nouveau président pendant un an pour lui transmettre savoirs et réseau.
- Un statut honorifique : créer un poste de « président d’honneur » pour garder un lien sans implication dans la gestion quotidienne.
Rendre le rôle de président plus accessible
Dans de nombreuses associations, le président cumule trop de missions (gestion administrative, communication, logistique, relations avec les partenaires, etc.), rendant le poste difficile à assumer. Pour alléger cette charge et le rendre plus attractif, il est essentiel de déléguer certaines tâches. Par exemple, un bénévole peut s’occuper de la boîte aux lettres, un autre des relations avec la mairie, un autre encore de la communication. Cette répartition permet un engagement plus souple et partagé.
Par ailleurs, la responsabilité juridique et morale du président fait souvent peur. Pourtant, elle est généralement moins contraignante qu’on ne l’imagine, surtout en l’absence de salariés. Des assurances et des formations existent pour accompagner et sécuriser cette prise de fonction.
Vers un nouveau modèle de gouvernance associative
Pour survivre et se développer, les associations doivent repenser leur mode de fonctionnement et leur communication. Attirer de nouveaux bénévoles ne passe plus seulement par un titre prestigieux, mais par une vraie réflexion sur l’expérience et la valeur que peut apporter un engagement. Donner du sens, créer du lien et proposer des responsabilités plus flexibles sont des pistes essentielles pour assurer leur pérennité.
Des alternatives pour une gouvernance plus fluide
Pour éviter de surcharger les présidents et faciliter l’engagement, des nouveaux modèles de gouvernance émergent au sein des associations.
- La gouvernance collégiale : un modèle plus inclusif et participatif
Contrairement au modèle pyramidal où un président et un bureau centralisent les décisions, ce mode de fonctionnement repose sur une prise de décision collective et une répartition plus équilibrée des responsabilités. Les décisions sont prises sur la base du consentement plutôt que du vote majoritaire. Cela signifie que personne ne doit avoir d’objections majeures même si tout le monde n’est pas forcément totalement d’accord.
Plutôt qu’un président qui centralise tout, chaque membre ou groupe de membre prend en charge un domaine précis : la communication, la finance, les événements, les partenariats, etc. Ainsi, chaque groupe a une autonomie de décision ce qui accélère la mise en œuvre des projets et responsabilise les bénévoles.
Ce modèle allège la charge de travail des dirigeants en répartissant la gestion entre plusieurs personnes, plutôt que de la confier à un seul individu. De plus, il stimule l’engagement, puisqu’un plus grand nombre de personnes participent au processus décisionnel. Le modèle collégial rend également l’association plus agile, grâce à des décisions rapides et mieux adaptées aux besoins réels. Enfin, cette approche répond davantage aux attentes des nouvelles générations, qui privilégient des formes d’engagement plus collaboratives et flexibles.
2. La co-présidence : un partage des responsabilités pour un engagement durable
La co-présidence repose sur la répartition de la responsabilité entre plusieurs personnes. Au lieu d’un seul président, plusieurs assurent la fonction. Chacun peut avoir des missions spécifiques ou fonctionner en totale coopération. Cette organisation permet de prendre les décisions importantes à plusieurs afin d’éviter l’isolement et le stress d’un dirigeant unique.
Cela confère plusieurs avantages. D’une part, la charge de travail est allégée puisque les missions sont réparties entre plusieurs personnes. D’autre part, cela assure une meilleure continuité, en cas d’absence ou de départ d’un co-président, l’association ne se retrouve pas en difficulté car les autres peuvent prendre le relais.
3. L’élection sans candidat : une approche bienveillante pour renouveler les équipes
L’un des défis majeurs des associations est de trouver des bénévoles prêts à prendre des responsabilités. Plutôt que de chercher un candidat volontaire et de risquer un refus, l’élection sans candidat propose une méthode plus participative et valorisante. Elle permet de révéler des talents et d’encourager l’engagement en douceur, sans pression.
Pour mettre en place l’élection sans candidat, les membres de l’association réfléchissent aux qualités requises pour un poste et proposent anonymement des noms de personnes qu’ils jugent adaptées. La personne la plus nommée est ensuite invitée à en discuter. Si elle exprime des doutes, l’équipe l’accompagne en valorisant ses compétences, en proposant une formation ou un binôme pour faciliter la prise de fonction.
Miser sur la communication pour attirer de nouveaux bénévoles
Pour surmonter la crise du renouvellement, une communication efficace est essentielle. De ce fait, n’hésitez pas à partager régulièrement des témoignages de bénévoles engagés et des contenus sur votre quotidien associatif. Simplifiez l’engagement en proposant des missions claires et accessibles, adaptées aux disponibilités de chacun. Enfin, pensez à valoriser l’impact de chaque action : montrer concrètement comment un bénévole contribue au projet renforce l’envie de s’impliquer.
Si vous souhaitez partager facilement du contenu auprès d’un public local, vous pouvez utiliser Infolocale.
Infolocale est une solution gratuite de communication pour les associations. Elle permet de créer en quelques clics du contenu et d’être diffusé dans les médias du groupe Sipa Ouest-France (ouest-france.fr, actu.fr, 20 minutes…). Vous pouvez communiquer dès maintenant sur votre association dans les médis locaux en vous inscrivant gratuitement sur Infolocale.




2 thoughts on “Quel modèle de gouvernance pour mon association ?”
Propositions intéressantes, mais les formules en coparticipation et autres. Quelles sont leurs validités par rapport au statut associatif. C’est soit l’un soit l’autre?
Bonjour, il n’y a pas nécessairement opposition entre un statut associatif classique et un modèle de coparticipation. Tant que les statuts permettent une organisation collective et que la structure respecte la loi, une association peut très bien fonctionner en mode coopératif, en démocratie participative ou en gouvernance partagée. Il est essentiel d’adapter les statuts en conséquence et de s’assurer qu’ils restent conformes aux obligations légales.