Le monde associatif est également touché par la crise du Covid-19. Le réseau Recherche & Solidarité– réseau associatif d’experts, au service de toutes les formes de solidarité- dresse un bilan préoccupant. Il observe un net ralentissement, particulièrement marqué au deuxième trimestre 2020. « Seules 65 000 nouvelles associations ont été enregistrées sur la période liée à la crise -mars à octobre 2020-, un chiffre jamais atteint depuis 2009. L’année précédente, on enregistrait encore 71 000 créations, soit une baisse de 9%. Particulièrement brutale entre le premier et le deuxième trimestre 2020 : les créations passant de 17 169 à 10 842 (-37%). » Chiffres d’octobre 2020
Impact du confinement sur les associations ?
Après une première enquête réalisée dès les premiers jours du confinement, le Mouvement associatif et le Réseau National des Maisons des Associations, en lien avec la Direction de la jeunesse, de l’éducation populaire et de la vie associative du Ministère de l’éducation nationale et de la jeunesse, ont souhaité donner de nouveau la parole aux responsables associatifs. Ils ont été invités à témoigner de leur situation,. De leurs préoccupations et des soutiens dont ils auraient besoin, au moment de la reprise progressive de leurs activités après le premier confinement. Plus de 13 000 responsables associatifs se sont exprimés entre le 18 mai et le 15 juin 2020 :

Arrêt immédiat des activités
Dès le début du confinement, 65 % des associations sont mises en sommeil de fait (70 % parmi les plus petites associations et 76 % dans le secteur du sport), 23 % enregistrent une réduction sensible d’activité et seulement 7 % parviennent plus ou moins à fonctionner. L’immense majorité des associations organisatrices d’événements ont été contraintes de les annuler en raison des confinements, couvre-feux et des mesures barrières. En moyenne, cela a été le cas de 80 % des associations, et cette proportion va jusqu’à 90 % dans les secteurs de l’environnement et de la culture.
Garder le contact
Maintenir le lien avec les bénévoles, les adhérents, les bénéficiaires devient la préoccupation quasiment immédiate. Elles s’est renforcée régulièrement. Les associations se sont interrogées sur la manière dont elles allaient pouvoir poursuivre leurs actions ? Comment s’adapter, se mobiliser pour participer à l’élan de solidarité nécessaire ?
Dans une démarche citoyenne, un bon nombre d’associations interrogées se disaient prêtes à se mobiliser dans l’intérêt général – sous réserve, bien sûr, d’une bonne protection des bénévoles-. Elles sont venues rejoindre des associations, déjà engagées dans la vie locale, qui agissaient dans des domaines sanitaire, social et caritatif.
Atouts du numérique
« Une large majorité des associations ont repensé leur organisation. Le numérique a joué pour elles un rôle essentiel, que ce soit pour travailler ou garder le lien à distance. Pour mettre en place de nouvelles pratiques en matière de gouvernance, pour revoir les relations avec les adhérents et/ou les bénéficiaires. Ou encore pour adapter et faciliter les relations entre bénévoles . » Des associations ont profité de cette pause pour redessiner leurs priorités. Monter des projets. Proposer des formations à leurs bénévoles et à leurs salariés.
Entre Incertitudes et craintes pour l’avenir
Interrogés pendant le confinement, des dirigeants déclarent que leur association a moins de trois mois de trésorerie devant elle. D’où une grande incertitude face à l’avenir et de réelles craintes de la part d’une majorité de dirigeants associatifs. En moyenne, 56 % affirment que la crise aura un impact négatif sur leurs finances, avec une perte des revenus d’activité ; La baisse des ressources en provenance des cotisations (27 %) ; L’investissement dans des dépenses devenues inutiles, faute d’avoir pu organiser des événements ; La crainte de perdre des subventions publiques (12 %), tous ces facteurs inquiètent fortement le secteur associatif. Certains responsables n’écartent pas le risque d’un dépôt de bilan, soit environ 30 000 associations en projection nationale. Cette proportion est un peu plus élevée parmi les associations employeuses (157 500 associations ont employé des salariés en 2019).
Incertitude aussi, plus forte encore, concernant le maintien ou non des partenariats. Près de 40 % des responsables n’ont aucune idée de la position que tiendront leurs financeurs publics ou privés, eux-mêmes très affectés par la crise – cette proportion est encore plus élevée dans les petites associations et dans le sport –.
En matière d’emploi, la seconde enquête dévoile en mai-juin que 33 % des associations pourraient être contraintes de réduire leurs effectifs salariés – davantage dans l’enseignement, l’éducation populaire, l’environnement et le tourisme social – et que 20 % reporteraient des recrutements prévus avant la crise.
Recours aux mesures de soutien
Face à ces circonstances exceptionnelles et brutales, les inquiétudes s’affirment. Les responsables associatifs pressentent que les impacts économiques seront significatifs. Ils constatent déjà une perte de revenus d’activité et perçoivent que bien des dépenses engagées deviendront de fait inutiles. Ils craignent pour la mobilisation de leurs bénévoles, notamment parmi les plus âgés. Dès avril 2020, 37 000 associations ont déjà activé les solutions financières proposées par le Gouvernement, départements, communes et intercommunalités. Sujet traité dans un article diffusé sur le Blog d’Infolocale https://www.infolocale.fr/blog/les-besoins-des-associations-sont-criants/
Dans la perspective de la reprise
A l’heure d’un troisième confinement en avril 2021, il est encore trop tôt pour se prononcer sur le développement du tissu associatif. Le climat est à l’incertitude. Pourtant des associations se créent chaque jour et prouvent que la ressource humaine bénévole existe. Les pouvoirs publics, les collectivités sauront les accompagner pour redonner vie aux territoires, faire revivre le lien social après cette longue pause.



